CH’HEL MEN MOZARTS / COMBIEN DE MOZARTS… de Nousnouss

Synopsis

Aînée de sa famille, Meriem, 19 ans, virtuose du piano, vit avec son père et son frère dans un appartement ordinaire à Oran. Quand elle apprend sa sélection au prestigieux Concours Reine Élisabeth à Bruxelles, son rêve semble enfin à portée . Mais chaque jour, alors qu’elle tente de répéter et de réunir les documents pour son visa elle se retrouve happée par les tâches domestiques, les petites urgences du quotidien et les états d’âme des siens. À mesure que la date du concours approche, sa musique et son énergie se dissolvent entre le fracas des casseroles, le vrombissement d’une perceuse et le flot continu des infos qui s’échappe de la télé du salon.

 

Note d’intention

Ch’hel men Mozarts (Combien de Mozarts) est un court métrage sur le talent gâché́ sous le poids écrasant de la charge mentale et du travail invisible des femmes.

Le film se déroule dans l’Algérie contemporaine, ce n’est pas un détail. Le poids de l’aînesse, la cohabitation des générations sous un même toit, le rapport particulier à l’ambition féminine, le statut de l’art et de l’artiste. Tout cela donne aux défis de Meriem une texture que je connais de l’intérieur. Je fais un film Algérien qui s’adresse au monde, à toute femme qui a un jour effacé une heure de son planning pour la mettre au service des autres, sans questionner son geste.

Le titre s’inspire d’une courte vidéo virale de la créatrice TikTok FunckyFrogBait, dans laquelle elle posait la question suivante : « Combien d’Einsteins ont passé leur vie à faire la vaisselle ? Combien de Mozarts se sont penchés sur des fourneaux plutôt que sur des pianos, simplement parce qu’elles avaient eu le malheur d’être nées femmes ? » Cette question est devenue un mantra pour moi. Elle m’a à la fois remplie de rage et apporté de la clarté. La créativité est fragile, et elle peut disparaître sous le poids du quotidien domestique.

Ce qui rend la situation de Meriem vraiment tragique, c’est que personne ne l’oblige à rien. Elle fait les choses de son plein gré, avec le sourire. Parce qu’elle est la fille aînée. C’est son rôle. Dire non ne lui passerait même pas par la tête, tant ça lui semblerait égoïste. Son père dit qu’il est fier d’elle (et il l’est, sincèrement)tout en lui demandant une nouvelle course, sans même se rendre compte de l’impact que cela a sur son planning. Il n’y a personne à accuser, pas de réel antagoniste. Juste un système si bien intériorisé qu’il est devenu invisible, même pour celle qui en est victime.

 

Biographie

Autrice-réalisatrice, elle se reconvertit dans la création artistique en 2022 après quatorze années dans le conseil en tech et IT, à la suite d’une formation en biologie moléculaire. Son travail explore les liens entre mémoire, récits intimes et matière sonore, à travers le documentaire, la fiction et des formes hybrides.

Elle développe actuellement Mon Oran Rhapsodie, un long métrage documentaire autour d’une mémoire musicale héritée, accompagné par NEXT DOC, Films Femmes Méditerranée et la bourse SCAM « Brouillon d’un rêve documentaire ». Elle écrit également Benti, un long métrage de fiction sur les transmissions maternelles, et How Many Mozarts, un court métrage sélectionné au programme Pitch Your Short du festival Olhares do Mediterrâneo.

Son travail inclut Écholalie (2026), une installation immersive autour de la mémoire sonore des mots, ainsi que le court métrage documentaire Ça aurait pu être un film (2023), sélectionné notamment au Lift-Off Global Sessions et au FID Campus. Elle développe également des projets transmédiatiques mêlant musique, écriture et création numérique.

Formée dans plusieurs résidences et laboratoires (LabDz, NEXT DOC, FID Campus, Room 19, Room 25), elle développe une pratique centrée sur l’écriture, la réalisation et le travail du son, avec un intérêt particulier pour le sound design et la spatialisation sonore.

CH’HEL MEN MOZARTS / HOW MANY MOZARTS… by Nousnouss

Synopsis

The eldest in her family, 19-year-old Meriem, a piano virtuoso, lives with her father and brother in an ordinary apartment in Oran. When she learns she has been selected for the prestigious Queen Elisabeth Competition in Brussels, her dream finally seems within reach. But every day, as she tries to rehearse and gather the documents for her visa, she finds herself caught up in household chores, everyday emergencies, and the emotional ups and downs of her family. As the date of the competition approaches, her music and energy dissipate amidst the clatter of pots and pans, the whir of a drill, and the constant stream of news blaring from the living room TV.

Director’s Statement

Ch’hel men Mozarts (How Many Mozarts) is a short film about talent wasted under the crushing weight of the mental load and invisible labor of women. The film is set in contemporary Algeria, and that’s no small detail. The weight of seniority, the cohabitation of generations under one roof, the particular relationship to female ambition, the status of art and the artist—all of this gives Meriem’s ​​challenges a texture I know intimately. I’m making an Algerian film that speaks to the world, to every woman who has ever cleared an hour of her schedule to dedicate it to others, without questioning her action.

The title is inspired by a short viral video by the TikTok creator FunckyFrogBait, in which she posed the following question: « How many Einsteins spent their lives washing dishes? How many Mozarts leaned over stoves rather than pianos, simply because they had the misfortune of being born women? » This question became a mantra for me. It filled me with both rage and clarity. Creativity is fragile, and it can disappear under the weight of daily domestic life.

What makes Meriem’s ​​situation truly tragic is that no one forces her to do anything. She does things willingly, with a smile. Because she’s the eldest daughter. It’s her role. Saying no wouldn’t even cross her mind; it would seem so selfish. Her father says he’s proud of her (and he is, sincerely) while asking her to run another errand, without even realizing the impact it has on his schedule. There’s no one to blame, no real antagonist. Just a system so deeply ingrained that it has become invisible, even to the one who is its victim.

Biography

A writer and director, she transitioned to artistic creation in 2022 after fourteen years in tech and IT consulting, following training in molecular biology. Her work explores the connections between memory, personal narratives, and sound, through documentary, fiction, and hybrid forms. She is currently developing Mon Oran Rhapsodie, a feature-length documentary about inherited musical memory, supported by NEXT DOC, Films Femmes Méditerranée, and the SCAM grant “Brouillon d’un rêve documentaire” (Draft of a Documentary Dream). She is also writing Benti, a feature-length fiction film about maternal transmission, and How Many Mozarts, a short film selected for the Pitch Your Short program at the Olhares do Mediterrâneo festival.

Her work includes Écholalie (2026), an immersive installation exploring the sonic memory of words, as well as the short documentary Ça aurait pu être un film (2023), selected for Lift-Off Global Sessions and FID Campus, among others. She also develops transmedia projects blending music, writing, and digital creation.

Trained in several residencies and laboratories (LabDz, NEXT DOC, FID Campus, Room 19, Room 25), she develops a practice centered on writing, directing and sound work, with a particular interest in sound design and sound spatialization.

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